Un projet de 40 millions $ propulse l’usine au-delà de la production d’éthanol carburant

28
Jan

*Traduction d’un article de Blair Andrews paru le 28 janvier 2015 dans le Chatham Daily News. Pour consulter l’article original, cliquez ici.

Chatham plant in the distance

(Chatham Daily News)

Les plans d’expansion des Alcools de spécialité GreenField à Chatham prennent forme.

La compagnie a annoncé des investissements de 40 millions $ dans des projets d’immobilisation à l’usine de Bloomfield Road en octobre.

Angelo Ligori, directeur de l’usine, a présenté un aperçu de l’évolution des plans lors d’une présentation au Chatham-Kent Farm Show mercredi.

« La plupart des gens croient que nous sommes une usine d’éthanol carburant », a déclaré M. Ligori. « C’est dépassé. Nous n’en sommes plus là. Notre usine produit également de l’éthanol de grade industriel. »

Cet éthanol est utilisé dans la composition d’une grande variété de produits, notamment des désinfectants pour les mains, de l’antigel, de la vodka, du rince-bouche et du sirop contre la toux.

M. Ligori a ajouté que la compagnie prévoit que, d’ici la fin de l’année, 75 % de sa production totale soit de l’alcool industriel.

« Nous nous dirigeons de plus en plus vers le secteur industriel pour suivre le marché. »

L’usine de Chatham produit 200 millions de litres par année.

GreenField fait également des progrès au niveau de la recherche et du développement en matière d’éthanol cellulosique.

La compagnie est en cours d’intégration d’une extrudeuse à deux vis modifiée dans son procédé pour extraire les sucres de la cellulose dans les épis de maïs et les convertir en alcool.

« L’intérêt manifesté est grand étant donné que nous pourrions vendre une telle technologie », a affirmé M. Ligori, qui s’attend à ce que les essais dans le procédé débutent bientôt.

Un autre projet a pour objectif l’installation d’un deuxième système de cogénération pour produire de l’électricité et de la vapeur à partir d’un moteur à réaction fonctionnant au gaz naturel.

M. Ligori a mentionné que l’ajout de cette deuxième unité permettrait à l’usine de subvenir à ses propres besoins en matière d’électricité.

« Si nous sommes victimes d’une panne d’électricité du réseau, nous pouvons tout de même faire fonctionner l’usine en entier. »

À long terme, GreenField vise à s’imposer en tant que bioraffinerie de plus en plus diversifiée dans ses activités.

Un exemple déjà en branle est l’entente conclue avec Truly Green Farms.

Le complexe de serres de 22 acres achète le dioxyde de carbone de l’usine, un coproduit du procédé d’éthanol, pour augmenter sa production de tomates.

Les deux compagnies étudient également la possibilité que le complexe de serres achète la chaleur résiduelle de GreenField.

La compagnie évalue aussi différentes utilisations possibles pour l’huile de maïs, qu’elle a commencé à extraire en 2012.

En outre, elle envisage l’expansion des ventes d’éthanol de grande pureté à des utilisateurs finaux à l’échelle mondiale.

M. Ligori mentionne que de l’éthanol synthétique est produit à partir de pétrole, mais que plusieurs types d’entreprises, comme les fabricants de produits cosmétiques, cherchent plutôt des ingrédients naturels. Selon lui, l’éthanol à base de maïs pourrait répondre à cette demande.

Les fabricants de produits pharmaceutiques du Brésil sont également des clients potentiels.

C’est ironique puisque ce pays d’Amérique du Sud est un grand producteur d’éthanol carburant à base de canne à sucre.

Le hic, c’est que l’industrie pharmaceutique exige de l’alcool de plus grande pureté.

L’usine de Chatham produit de l’éthanol approuvé par la FDA (Federal Drug Administration) aux États-Unis. Ainsi, il serait plus aisé pour une installation au Brésil appartenant à des intérêts américains d’utiliser le produit ontarien.

Bien que certains des projets ne soient prévus que dans quelques années, M. Ligori a précisé que les investissements à l’usine de Chatham augmente sa valeur à 300 millions $ et la positionne bien pour l’avenir.

« Lorsqu’une installation arrive à cette taille dans notre industrie, elle devient particulièrement difficile à remplacer », a-t-il ajouté. « Nous sommes ici pour encore longtemps. »